The lights go down

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4 mois.

Cela fait déjà 4 mois que je vis ici.  Et j’ai l’impression de n’avoir rien fait, de n’avoir pas suffisamment profité de la ville. Je suis tombée amoureuse. Beaucoup. J’ai cassé un carreau et j’ai failli mourir. J’ai pleuré 17 fois à cause des garçons, 13 fois à cause du même. J’ai écouté You really got a hold on me, au moins 67 fois. J’ai pris plus d’une centaine de bains. J’ai croisé facilement 24 renards. Je me suis dit à chaque fois « si je croise un renard, c’est que ça va marcher », en vain.

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Suis-le vieux Rafiki, il connaît le chemin !

Je ne saurais expliquer ce besoin d’écouter les chansons du Roi Lion quand je rentre tard en bus, légèrement ivre et surexcitée. J’ai regardé tout Moone Boy d’une traite, et j’ai beaucoup pleuré, parce que les amis imaginaires, c’est sacré. Soit dit en passant, ça n’a pas du tout arrangé mon obsession pour Chris O’Dowd. Et je suis heureuse, ça fait un peu peur, mais c’est badass.

Kick out the jams, motherfucker.

Quand je me promène le long des quais, Tower Bridge tout près de moi et que the La’s soufflent There she goes again dans mes oreilles, j’ai le sentiment d’être à ma place. C’est drôle de se (re)construire seule, loin des siens. Je dois tout ré-apprendre, et il semblerait que j’aime ça.

J’attends avec impatience de recevoir mon lecteur DVD car tout ici me donne envie de revoir The parent trap.

Ch-ch-ch-changes.

J’entame ma dernière semaine de travail. Ces derniers temps ont été particulièrement gratinés au niveau de la cyclothymie. J’ai repensé au moment où Raiponce est enfin libre et qu’elle passe d’un extrême à l’autre en très peu de temps.

En attendant, je vis entre les cartons et les valises. Je pleure beaucoup en pensant à mes chats qui se demanderont où je suis passée.

Et puis je me rappelle que je vais habiter à Londres.

 

La vie.

Viens. On fait des crêpes en écoutant Lou Reed. J’écoute Sweet Jane très fort. Il me reste moins d’un mois à vivre cette vie de transition. Alors que je devrais être stressée et affairée, je prends le temps de profiter de mes dernières semaines.

Les cigarettes dans le jardin, le Martini Royale. Les amis à voir avant de partir, les déclarations d’amitié. Boire un monaco. Repousser au lendemain, toujours. Demain, plus tard, à la dernière minute. Et la voix de Lou Reed.

Take a look at her hair, it’s real.

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Je pourrais être une fille organisée et être en train de préparer le grand départ. Mais je ne suis que moi. Et dans le retard et la précipitation, j’oublierai sans doute de mettre plein de choses dans ma valise. J’ai des craintes idiotes. Et si je ne me fais pas d’amis ? Et si personne ne m’aime ? J’ai la frousse. Le mercredi 5 Juin à 13h, salut la vie, j’arrive.

L’Anamour.

Je t’aime et je crains, de m’égarer. Et je sème des grains, de pavot sur les pavés. De l’Anamour.

Quand on y pense, c’est fou d’avoir une chanson préférée.